Un weekend de courses mémorable

2016-Ottawa-Remy

Aïe! Ouille! Ouch! Ça fait solidement mal!

Mon genou. Ma rotule. Elle a semblé se déplacer sous le choc. Une douleur intense juste en dessous. Je suis en furie. Le marathon est dans 2 jours! J’espère que ce n’est pas trop grave! Et le comble du ridicule c’est que je me suis infligé ce mal dans une banale salle de réunion, en me cognant le genou contre une barre de métal sous la table à laquelle j’étais assis.

Ma pilosité faciale a pris de l’ampleur. À tel point que ma blonde revendique un rasage dès notre retour de cette Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa. J’ai hâte de voir sa réaction quand je ferai disparaître la barbichette ce soir pour ne laisser que la moustache, mi-brune, mi-rousse. Le tout accompagné d’une chevelure non entretenue depuis des semaines. Presque la coupe Longueuil!

Le fait est que j’ai atteint mon objectif de ma levée de fonds pour les Hopitaux Shriners pour enfants et que je ne peux plus reculer. Je dois remplir mon engagement de courir le marathon d’Ottawa dans le style dans années 80. D’ailleurs, merci à tous ceux et celles qui ont donné généreusement!

Heureusement, mon short « vintage » est arrivé par la poste hier. Ma camisole, mon bandeau et mes bas rayés sont achetés. Rien n’a été laissé au hasard pour m’assurer que cet accoutrement ne nuise aucunement à ma performance sur ce parcours de 42,2 km. Car, voyez-vous, j’ai quand même un objectif de course en vue.

Par exemple, je ne voulais pas changer de style de chaussettes à la dernière minute. J’ai donc coupé mes nouveaux bas rayés juste au dessus du talon pour que je puisse les enfiler autour des chevilles tout en portant mes chaussettes de course habituelles. Autre exemple, la traditionnelle casquette Nike ou le nouveau bandeau à l’ancienne ? Lequel serait le mieux pour cette journée de course qui s’annonce suffocante ?


Mon genou me fait souffrir. Heureusement la douleur s’estompe avec la journée qui s’achève.

Le lendemain matin (samedi), j’effectue un dernier petit jogging relaxe et, bonheur!, je ne ressens aucun inconfort dans mon genou.

Nous arrivons à Ottawa sur l’heure du dîner. Des membres de ma famille courent le 5 km et le 10 km cet après-midi. Comme prévu, il fait une chaleur extrême. Les organisateurs de l’événement décident de retarder le départ du 10 km mais pas celui du 5 km.

C’est donc sous un soleil ardent que Noémie et Adélaïde s’élancent en compagnie d’environ 9000 autres participants sur ce parcours de 5 km. Elles n’en n’ont pas trop souffert car elles ont maintenu une allure raisonnable dans les circonstances. Une belle course bien gérée pour les filles! Encourageons la relève! 🙂

2016-Ottawa-5k-coureurs

Nous nous rendons dans un restaurant en attendant le départ du 10 km auxquels participent Christian, Valérie et Philip. Ils s’installent finalement dans leurs corrals respectifs tandis que nous nous postons le long du parcours un peu en aval de la ligne de départ.

Je suis fasciné par l’élite qui s’élance en premier. Ces coureuses et coureurs spécialistes du 10 km m’impressionnent vraiment. Des machines bien huilées qui, pour la plupart, visent un temps de qualification pour les Jeux Olympiques de Rio. Ça décolle comme des fusées!

Enfin, le signal de départ est donné pour les coureurs « normaux ». Par pure coïncidence, une pluie torrentielle s’abat sur cette horde d’environ 13000 participants qui expriment joyeusement leur soulagement. Eux qui se préparaient à parcourir le trajet sous une chaleur accablante. Nos trois protégés terminent leur course avec satisfaction. Tandis que ma nièce a amélioré sa marque personnelle, les deux boys ont complété leur première course sur cette distance. Un très bel accomplissement et une progression flagrante! 🙂

2016-Ottawa-10k-coureurs

Après une nuit agitée, je déjeune, j’enfile mon attirail de fou et j’attrape un taxi avec Yanick qui prendra part au demi-marathon. En embarquant, je rassure le chauffeur en lui précisant que ce n’est pas mon habillement habituel mais plutôt un déguisement. Il sourit sans plus de réaction et nous conduit jusqu’au site de départ comme s’il conduisait une Formule 1.

Yanick est nerveux. Il se demande pourquoi s’être embarqué dans cette galère. Il n’a pu compléter le volume d’entraînement recommandé à cause d’une vieille blessure au mollet qui est réapparue il y a quelques semaines. Le départ du demi est à 8h15.

Pour ma part, je m’échauffe modérément avant le départ du marathon prévu à 7h. En allant rejoindre mon corral, je gobe mon premier gel qui inclut une dose de caféine. J’ai décidé d’essayer deux gels avec caféine sur les cinq que j’avalerai à différentes étapes pendant l’épreuve.

Les gens autour de moi ont une drôle de réaction en me voyant. Ils hésitent à rigoler, ne sachant trop s’il s’agit d’un déguisement ou de mon apparence habituelle. Je commence à être un peu gêné.

Le signal est donné et je me lance à la poursuite du lapin de 3h30, mon objectif initial pour ce marathon. Je l’avais révisé à la baisse étant donné la canicule annoncée. Mais à ma grande surprise, la température est très clémente ce matin. Un couvert de nuages avec une brise confortable et un mercure aux alentours de 20 degrés celcius.

Je réussis aisément à maintenir le rythme aux côtés de mon meneur d’allure. Il remplit d’ailleurs son rôle de lapin à merveille. Il nous annonce notre rythme à chaque km et nous avertit de ce qui s’en vient. Après un certain temps, je décide de prendre un peu d’avance sur lui et de le garder à bonne distance derrière moi. J’ai une surprenante énergie et j’en profite pour augmenter légèrement la cadence.


Au 15e km, je change ma casquette pour mon bandeau « vintage ». Je suis maintenant complètement « 80s style »! Des outardes s’envolent à notre passage. J’entends longtemps leurs cris au loin. Mais je me rends compte qu’il s’agit plutôt d’une cacophonie de « Water! Gatorade! » scandés par les nombreux bénévoles installés au prochain ravitaillement.

Bientôt j’aperçois le lapin de 3h25. J’en suis ravi et j’accélère un peu afin de le rattraper. Je le dépasse. Je prends soin de conserver une bonne avance sur lui. Je vise maintenant 3h25!

À chaque ravitaillement, je prends l’habitude de me verser un peu d’eau sur la tête. À chaque fois un frisson me parcourt l’échine. C’est rafraîchissant! Mon bandeau a l’avantage de maintenir l’eau un peu plus longtemps sur ma tête et de l’empêcher de dégouliner dans mon visage. Je décide donc de le conserver jusqu’à la fin de l’épreuve.

Je franchis le pont de menant à Gatineau. Quelques km plus loin, au même endroit que l’an passé, ma famille m’attend pour m’encourager. Ça me motive et m’incite à maintenir le cap. Je grimpe le pont Alexandra qui nous ramène vers Ottawa.

On parcourt Sussex Drive pendant un bon moment. J’accélère dans les pentes descendantes nous menant vers le parc Mile Circle. Le fameux Mile Circle, le mur du 32e km, l’endroit où aucun arbre nous protège du soleil et où aucune foule n’est présente pour nous supporter. Heureusement cette année, le ciel est nuageux, mes vêtements sont plutôt légers (« 80s style » oblige) et je conserve une attitude positive.

De retour dans les rues d’Ottawa, plusieurs résidents nous visent tantôt avec leurs boyaux d’arrosage, tantôt avec des fusils à eau. Je me prête au jeu quand un jeune me tire à bout portant. D’autres nous font grâce de rafraîchissements : de la glace, des popsicles et des Mr. Freeze. Toujours très engagée cette foule à Ottawa!

Au 38e km, c’est le retour sur Sussex Drive, direction centre-ville. À cet endroit, la rue monte en pente douce et mon rythme dégringole habituellement. Mais cette fois-ci je me dis que je ne n’ai pas fait tout cet entraînement pour rien. Allez! J’aborde un couple de coureurs à ma gauche : « Nice pace! » Ils me rétorquent quelque chose en anglais que j’ai du mal à comprendre. Je leur réponds « Yeah! Hey! Hey! » et je poursuis mon chemin. Note à moi-même : pratiquer mon anglais en courant.

Au 40e km, le trajet du demi fusionne avec le trajet du marathon. Je dois me faufiler dans cette cohorte qui a doublé de volume. Au 41e km, c’est vraiment plus difficile de maintenir le rythme.

J’aborde le dernier km en poussant la machine et je croise la ligne d’arrivée avec la satisfaction d’avoir amélioré ma marque personnelle de 11 minutes (3h24m30s). Ça me donne l’envie de tenter de me qualifier pour le Marathon de Boston. Un temps inférieure à 3h15 que je vais essayer d’aller chercher au Marathon de Montréal en septembre prochain.

J’ai soif. Je n’ai pas faim. Je passe sous les bruines d’eau aménagées pour me rafraîchir. Une dame me passe une médaille au coup. Je bois du lait au chocolat et je grignote la moitié d’une banane en déambulant péniblement dans le Parc de la Confédération. Je n’ai jamais eu autant mal aux jambes. J’ai l’impression qu’ils veulent bloquer, s’arrêter de fonctionner.

Je rejoins ma famille. On prends des photos. On se félicite. Comme par magie, un « band » se met à jouer une musique des années 80. Funky Town! Je danse un peu avec mon allure d’époque pour la caméra de mon frère. On déconne. Quel week-end mémorable!

Yanick a complété le demi sans jamais s’arrêter de courir. Un bel exploit malgré le volume d’entraînement restreint. Solide le frérot! 🙂

2016-Ottawa-groupe

J’ai rasé ma moustache. Ma blonde est ravie. Ne reste que les cheveux. J’essaie de trouver le temps de passer chez le coiffeur.

Ou peut-être plutôt de trouver le courage d’affronter une certaine nostalgie.

À l’an prochain gang!

2 thoughts on “Un weekend de courses mémorable

    1. Merci Julie! À chaque année c’est effectivement un beau moment vécu avec les coureurs et coureuses de la familia!

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *