La guérison du coeur

J’ai boudé mon blogue. Je n’avais plus le coeur à raconter quoi que ce soit. Comme si la vie ne voulait plus que je cours : une punition pour avoir manqué de modestie et pour avoir crié haut et fort mes exploits, mes ambitions démesurées, mon amour propre, cette fierté gonflée d’orgueil.

Je me suis plutôt résigné à prendre rendez-vous avec mon médecin de famille pour lui parler de cette péricardite pour laquelle je manquais totalement de respect. Elle n’arrêtait plus de revenir et m’empêchait de courir. Je sentais que tout mon univers était en train de basculer. Je ne me reconnaissais plus. J’avais totalement perdu mes repères. Tout m’irritait, m’exaspérait. J’avais perdu le contrôle de mon corps et de mon esprit. Je déprimais.

La guérison du coeur
La guérison du coeur
Guy Corneau
(c) 2017, Les Éditions de l’Homme
ISBN 978-2-7619-4728-2
www.editions-homme.com/guerison-coeur/guy-corneau/livre/9782761947282

Selon lui, il ne me restait que trois choses à faire : prendre un congé de maladie, consulter un psychologue et suivre un nouveau traitement d’anti-inflammatoires et de colchicine. En boni : faire un bilan complet de santé incluant prises de sang et tests d’urine. J’avais atteint le fond du baril.

Les mois de mars et avril ont donc été consacrés à cet exil de la vie « normale ». Une retraite de quelques semaines à la campagne, des consultations hebdomadaires en psychologie et un arrêt de travail complet de deux mois m’ont été des plus bénéfiques.

Je remercie tout particulièrement ma conjointe qui est tombée par hasard sur un livre intitulé La guérison du coeur et qui a eu la brillante idée de me l’offrir en cadeau lors de ma retraite. Nos souffrances ont-elles un sens ? : le sous-titre m’intriguait réellement ! En fait, ce bouquin a été une illumination !

En résumé, l’auteur Guy Corneau nous guide sur des chemins de réflexion quant aux sources réelles de nos maladies.

Les souffrances physiques et psychologiques dont nous sommes affligés sont-elles pure absurdité ou ont-elles un sens ? Et si, au lieu d’être des expériences négatives, elles étaient des signaux d’alarme lancés par notre être profond pour nous inviter à plus de respect envers nous-mêmes ?

Plus de respect envers moi-même… envers la vie… c’était de la musique à mes oreilles !

Voici d’ailleurs un extrait (plus ou moins intégral) qui m’a particulièrement inspiré :

La vie qui bat

Le coeur est responsable d’une chose capitale qui nous échappe souvent : le mouvement. Un mouvement de contraction et d’expansion. Ce rythme fondamental qui conditionne le travail des poumons – inspiration et expiration – et qui se répercute à bien d’autres niveaux de notre être. Le double mouvement du coeur devient alors impression et expression.

L’impression correspond au mouvement d’inspiration : les événements et les pensées, les intuitions et les sentiments s’impriment en nous. L’expression, elle, correspond au moment de l’expiration : des choses nous ont impressionnés, elles nous ont inspirés et nous réagissons. Nous nous exprimons, nous créons, nous répondons « présent » par notre souffle, par nos pensées et par nos gestes.

Tout l’univers est en mouvement, tout bouge en permanence, tout change continuellement. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que la maladie chronique correspond à un arrêt prolongé, à une stagnation. Lorsque le sang arrête de circuler, les processus de dégradation apparaissent. Lorsqu’une artère épaissit, s’encombre ou se bloque, il y a danger.

La même chose vaut pour les émotions. Lorsque celles-ci se figent autour d’un problème non résolu, un malaise émotif s’ensuit et les gens vont en thérapie. De la même façon, si les idées arrêtent d’évoluer et se transforment en croyances rigides, il n’y a plus de mouvement mental et cette interruption risque d’avoir des effets néfastes sur les émotions, voire sur certaines articulations corporelles qui souffriront de raideur. Immanquablement, les rigidités corporelles reflètent le manque de fluidité psychique.

Par exemple, on peut constater directement que plus le mouvement de l’énergie dans un corps paraît fluide, plus la personne semble vivante; à l’inverse, plus il y a de rigidité, plus la personne paraît éteinte.

Au fond, pour que l’énergie circule et se renouvelle, à quelque niveau que ce soit, il doit y avoir mouvement. Malaises physiques et douleurs morales signalent le manque de circulation des éléments et, par conséquent, un éloignement d’avec le processus vivant.

C’est sans doute la raison pour laquelle les médecins recommandent les exercices cardiovasculaires. Il paraît même qu’il est bon de faire des mathématiques ou d’apprendre une langue étrangère jusque tard dans la vie pour que le cerveau ne « rouille » pas.

La stagnation accélère donc le processus de dégénérescence qui mène à la mort. Nos rigidités, qu’elles soient physiques, émotives ou mentales, préparent le « terrain » à la maladie.


Je n’irais pas jusqu’à dire que ma péricardite était seulement due à des blocages émotifs que je n’avais pas réalisés. Mais je suis persuadé que c’était un des paramètres de l’équation.

J’ai aussi tenu compte de plusieurs autres paramètres. Parmi ceux-ci : le fait d’avoir poussé mon corps à des limites jusque-là jamais atteintes et mon coeur à une fréquence cardiaque maximale pendant de longues distances. J’ai alors décidé d’effectuer quelques ajustements :

  • réduction du rythme (de 5:10/km à 6:35/km), de la fréquence et de la distance de mes sorties en course à pied;
  • hydratation constante lors de ces sorties en m’accompagnant systématiquement d’une ceinture de bouteilles d’eau;
  • amélioration de la qualité de mon sommeil;
  • diminution de ma consommation de sucre, d’alcool et de café;
  • meilleure gestion du stress dans ma vie personnelle et ma vie professionnelle;
  • et plusieurs autres expérimentations dont je vous ferai part dans un futur article.


Cela fait maintenant un an, quasiment jour pour jour, que ma première crise de péricardite est survenue. Un récit que je vous racontais ici sur ce blogue.

Ce fût un long périple rempli d’embûches, de rechutes, de désespoir, mais qui m’a permis de grandir et de découvrir que la vie nous donne des leçons d’humilité et que c’est elle qui dicte la marche à suivre. Elle ne nous laisse pas vraiment le choix de la respecter et de l’apprivoiser.

J’ai abandonné mes ambitions démesurées. J’ai fait la paix avec moi-même et cette péricardite qui est enfin guérie. J’ai retrouvé le plaisir de courir, simplement, modérément. Courir n’est plus un acquis, c’est un privilège.

Et ce soir je ne boude plus mon blogue.

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2 thoughts on “La guérison du coeur

  1. Bravo pour ton cheminement, je suis contente pour toi que le bonheur, le plaisir et la santé soient revenus dans ta vie. Merci pour ton article, j’aime beaucoup lire des récits authentiques comme le tien. Il me rappelle que nous avons tous des hauts et des bas, des écueils et des obstacles qui nous permettent de cheminer et que comme tout est en mouvement, nous pouvons garder espoir dans ces moments-là que le soleil finit toujours par revenir.

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